Disque menstruel : comment bien choisir sa protection ?
Bien choisir un disque menstruel repose sur quatre critères, dans cet ordre : la hauteur du col de l’utérus (qui détermine la taille), la souplesse du silicone, le dispositif de retrait et la capacité de collecte. Le budget et les garanties arrivent ensuite, pour sécuriser l’achat. Un point rassurant d’emblée : certaines marques proposent un pack deux tailles, ce qui règle la question la plus délicate sans avoir à mesurer quoi que ce soit au millimètre près.
Chaque critère se vérifie simplement. Voici comment, avec les chiffres du marché français à l’appui, et un comparatif des disques menstruels disponibles en France pour croiser les modèles en détail.
Les informations de cet article (prix, garanties, caractéristiques, disponibilités) ont été relevées au moment de la rédaction et peuvent évoluer. Cette analyse ne remplace ni les vérifications de chaque lectrice avant l’achat, ni l’avis d’un professionnel de santé en cas de doute ou de situation particulière.
La hauteur du col : le critère qui détermine la taille du disque
Contrairement à une idée reçue, la taille d’un disque ne dépend ni de l’âge, ni du gabarit, ni du fait d’avoir eu des enfants. Elle dépend de la position du col de l’utérus, plus ou moins haut dans le vagin selon les personnes.
La mesure ne demande aucun instrument. Un doigt propre inséré dans le vagin suffit :
- Le col est atteint après une phalange : col bas.
- Deux phalanges : hauteur moyenne.
- Trois phalanges ou le col reste hors de portée : col haut.
À noter : le col bouge au fil du cycle. La mesure doit se faire pendant les règles, au moment où le disque sera effectivement porté, et de préférence sur deux ou trois jours pour dégager une tendance.
La correspondance est ensuite directe. Un col bas ou moyen s’accommode mieux d’un petit diamètre (60 à 65 mm selon les marques). Un col haut appelle un diamètre plus large (68 à 73 mm), qui remonte se caler correctement sous le col sans flotter.
En cas de doute, la solution la plus simple reste le pack deux tailles, proposé notamment par OmyDisc (S + M) et Cup&Co (1 acheté = 1 offert). Les deux tailles s’essaient sur un ou deux cycles, la bonne se dégage vite, et la seconde sert de disque de rechange.
La souplesse du silicone : confort ou maintien, une question de priorité
Tous les disques sérieux sont fabriqués en silicone médical, le plus souvent platine. La vraie différence entre les modèles tient à leur degré de souplesse, et ce choix mérite réflexion car il change l’expérience de port.
Un silicone très souple épouse les parois vaginales et se fait oublier. C’est l’option à privilégier en cas de sensibilité vaginale, d’inconfort avec les protections internes rigides, ou pour garder le disque pendant les rapports sexuels. Sur ce créneau, Cup&Co s’est fait une spécialité du silicone très souple ; Nixit pousse la logique encore plus loin avec un modèle ultra-flexible.
Un silicone un peu plus structuré présente d’autres atouts. Le disque se déplie plus franchement une fois inséré, se positionne de façon plus perceptible sous le col et bouge moins pendant le sport ou les journées actives. Les modèles d’OmyDisc et de TheDisk se situent sur ce registre intermédiaire à ferme, apprécié quand on veut sentir que la protection est bien en place.
Ni l’un ni l’autre n’est meilleur dans l’absolu. Une utilisatrice sensible choisira le souple, une sportive préférera souvent le maintien.
Le dispositif de retrait : languette, ficelle, encoche ou rien
L’insertion d’un disque ne pose généralement pas de problème. Le retrait, lui, concentre l’essentiel des appréhensions, surtout au début : il faut aller décrocher le rebord avant du disque, calé derrière l’os pubien. Les marques ont développé plusieurs réponses à cette difficulté.
- La languette intégrée : une petite extension à attraper du bout des doigts, sans avoir à chercher le rebord. C’est le dispositif le plus rassurant pour débuter. Choisir un disque à languette comme celui d’OmyDisc simplifie nettement les premiers retraits ; FemDisc et AyoraCup proposent aussi cette option.
- La ficelle ajustable : une tige souple qui descend vers l’entrée du vagin, à la manière d’un fil de tampon, recoupable à la longueur voulue. TheDisk est la seule marque du marché français à la proposer. Ce système rassure aussi les porteuses de stérilet, car il évite de tâtonner à proximité des fils du DIU.
- L’encoche ou la zone striée : une surface texturée sur le rebord, qui améliore la prise sans ajouter d’élément saillant. C’est le choix d’Intimina sur la Ziggy Cup 2.
- Le double anneau ajustable : une boucle qui peut se raccourcir, se replier ou se couper entièrement. Cup&Co est la seule marque à le proposer, avec une variante sans languette pour celles qui préfèrent un disque totalement lisse.
- Aucun dispositif : le disque se retire au doigt, en crochetant le rebord. Plus technique au début, parfaitement maîtrisable après deux ou trois cycles, et sans aucun élément susceptible de gêner.
Le bon réflexe : dispositif de retrait pour débuter ou pour un stérilet, modèle lisse pour une sensibilité marquée ou des rapports pendant les règles.
Choisir la capacité selon le flux
C’est l’un des grands arguments du disque face aux autres protections : sa capacité. Selon les modèles, un disque contient de 45 à 76 ml, soit l’équivalent de trois à cinq tampons. De quoi tenir 8 à 12 heures sans vidange dans la plupart des situations.
Quelques repères pour ajuster :
- Flux léger à moyen : toutes les capacités conviennent. Autant choisir la taille dictée par la hauteur du col, sans se préoccuper des millilitres.
- Flux abondant : viser 60 ml et plus. Les grandes tailles d’OmyDisc (70 ml) ou de Nixit (70 ml) offrent une vraie marge de sécurité pour la nuit ou les longues journées.
- Flux très abondant : la Ziggy Cup 2 d’Intimina en taille B culmine à 76 ml, l’une des capacités les plus élevées du marché, au prix d’une forme ovale qui demande un peu d’expérience.
Un détail que les débutantes découvrent avec surprise : le disque peut se vider partiellement aux toilettes par simple contraction du périnée, sans être retiré. Un avantage net les jours de flux intense.
Réutilisable ou jetable : deux usages différents
Le disque réutilisable est le choix de fond. Entre 20 et 45 € à l’achat, plusieurs années d’utilisation avec un entretien correct, et un coût par cycle qui devient dérisoire dès la première année.
Le jetable garde deux usages précis : tester la forme disque avant d’investir, et dépanner en voyage quand le nettoyage est compliqué. OmyDisc en propose une boîte de dix, Cup&Co une version jetable à 19,90 €. À plusieurs disques par cycle, la formule coûte cependant vite plus cher que le réutilisable : elle se pense comme une étape, pas comme une solution durable.
Garanties et budget : sécuriser un premier achat
Même bien choisi sur le papier, un disque peut décevoir à l’usage. Deux mécanismes limitent ce risque, et leur présence mérite d’entrer dans les critères de choix.
Le premier : la garantie satisfait ou remboursé. OmyDisc et Cup&Co offrent chacune 90 jours, soit environ trois cycles pour tester, avec remboursement ou échange de taille si le modèle ne convient pas. FemDisc propose 60 jours sur les produits non utilisés, AyoraCup 30 jours. Ziggy Cup 2, Nixit et TheDisk n’offrent aucune garantie.
Le second : le prix d’entrée. TheDisk vend son disque seul à 19,90 €, un tarif qui divise par deux le coût d’un essai raté. Pas de filet de sécurité à ce prix, mais une mise de départ minimale.
Entre les deux logiques, le calcul est simple : petit budget et envie de tester, le disque à moins de 20 € ; premier achat sécurisé, le pack deux tailles avec garantie autour de 43 à 45 €.
Le récapitulatif des principaux disques du marché
| OmyDisc | Cup&Co | TheDisk | Ziggy Cup 2 | Nixit | |
| Tailles | S 61 mm / M 68 mm | S 65 mm / M 70 mm | S 61 mm / M 68 mm | A 62 mm / B 73 mm | Unique 70 mm |
| Capacité | 60 à 70 ml | 50 à 60 ml | 45 à 60 ml | 50 à 76 ml | 70 ml |
| Souplesse | Intermédiaire à ferme | Très souple | Intermédiaire | Souple | Ultra-souple |
| Retrait | Languette intégrée | Double anneau ou sans languette | Ficelle ajustable | Encoche striée | Aucun dispositif |
| Garantie | 90 jours | 90 jours | Aucune | Aucune | Aucune |
| Prix constaté | 44,90 € (2 disques) | 42,90 € (2 disques) | 19,90 € (1 disque) | 39,95 € (1 disque) | 47 € (1 disque) |
| Profil type | Débutante | Sensibilité, rapports | Petit budget, stérilet | Flux très abondant | Recherche de souplesse |
Le tableau ne remplace pas l’essai, mais il permet d’éliminer d’office les modèles incompatibles avec sa morphologie ou son flux. Une fois deux ou trois candidats identifiés, la garantie et le pack deux tailles font le reste.
Questions fréquentes sur le choix d’un disque menstruel
Quelle taille de disque menstruel choisir quand on débute ?
En l’absence de mesure du col, commencer par une petite taille (60 à 65 mm) reste le conseil le plus sûr. Mieux encore : un pack deux tailles permet de comparer sur un ou deux cycles et de garder la seconde taille en rechange.
Comment savoir si son col est haut ou bas ?
Avec un doigt propre inséré dans le vagin, pendant les règles : col atteint après une phalange, il est bas ; après deux, il est moyen ; après trois ou hors de portée, il est haut. La mesure varie au fil du cycle, d’où l’intérêt de la répéter sur deux ou trois jours.
Faut-il choisir un disque avec ou sans languette ?
Avec languette pour débuter : le retrait est l’étape la plus délicate, et ce dispositif le simplifie nettement. Sans languette pour une sensibilité marquée ou pour les rapports pendant les règles, le disque étant alors totalement lisse. Certaines marques, comme Cup&Co ou FemDisc, laissent le choix entre les deux versions.
Un disque menstruel convient-il aux flux très abondants ?
Oui, c’est même l’un de ses points forts. Avec 45 à 76 ml selon les modèles, un disque contient l’équivalent de trois à cinq tampons. Pour un flux très abondant, viser les grandes capacités : 70 ml et plus.
Peut-on utiliser un disque menstruel avec un stérilet ?
Oui. Le disque se place sous le col, sans effet ventouse, ce qui limite le risque de déplacer le DIU. Un modèle à ficelle de retrait comme TheDisk évite en plus de tâtonner à proximité des fils du stérilet. En cas de doute, un avis gynécologique tranche.
Quel budget prévoir pour un bon disque menstruel ?
Entre 20 et 45 €. L’entrée de gamme sérieuse démarre à 19,90 € (TheDisk, disque seul), les packs deux disques avec garantie 90 jours se situent autour de 43 à 45 €. L’achat est amorti en deux à trois cycles face aux protections jetables.
