Pension de réversion : conditions, montants et démarches en 2025

La pension de réversion permet au conjoint survivant de percevoir une partie de la retraite de la personne décédée ; en 2025, les règles ont évolué (plafonds de ressources, montants) et il est essentiel de comprendre comment cela fonctionne pour protéger son niveau de vie.

La pension de réversion, à quoi ça sert concrètement ?

Perdre son conjoint ou son ex-conjoint bouleverse tout : l’équilibre émotionnel, mais aussi le budget du foyer. La pension de réversion a justement été créée pour éviter qu’un veuf ou une veuve ne se retrouve brutalement avec des revenus divisés par deux. Elle correspond à une part de la retraite que percevait – ou aurait pu percevoir – la personne décédée.

En officine, j’entends souvent la même inquiétude : « Est-ce que je vais pouvoir continuer à payer mon loyer, mes médicaments, ma mutuelle ? » L’idée ici est de donner des repères très concrets, dans un langage simple, pour vous aider à y voir clair.

Une sécurité financière pour le conjoint survivant

Pour le régime général (salariés du privé, certains indépendants), la pension de réversion représente en principe 54 % de la retraite de base de la personne décédée.
Dans la plupart des régimes complémentaires (Agirc-Arrco pour les salariés par exemple), ce pourcentage est souvent de 60 %, et de 50 % dans la fonction publique.

Autrement dit, la pension de réversion sert à maintenir un niveau de vie à peu près cohérent avec ce que percevait le couple avant le décès, même si elle ne compense jamais tout à 100 %.

Qui est concerné : salariés, indépendants, fonctionnaires…

La réversion existe dans la majorité des régimes de retraite :

  • Régime général : salariés du privé, artisans, commerçants…
  • Régimes complémentaires (Agirc-Arrco, caisses des professions libérales…)
  • Fonction publique (État, hospitalière, territoriale)

Les conditions exactes (âge, ressources, pourcentage) varient d’un régime à l’autre. C’est ce qui explique que deux veuves ayant eu des parcours différents puissent percevoir des montants très différents.

Ce que la pension de réversion n’est pas

Quelques points clés pour éviter les confusions :

  • Ce n’est pas une aide sociale versée par la mairie ou le département : elle dépend des régimes de retraite.
  • Ce n’est pas non plus automatique : il faut déposer une demande, souvent auprès de plusieurs caisses.
  • Elle ne remplace pas une assurance décès ni une assurance emprunteur, qui sont d’autres mécanismes de protection.

Conditions pour obtenir une pension de réversion du régime général

Dans la pratique, la plupart des questions que l’on me pose concernent le régime général (Assurance retraite). Les trois grands critères à regarder sont : mariage, âge et ressources.

Être ou avoir été marié : le rôle du mariage

Pour le régime général :

  • Il faut avoir été marié avec la personne décédée.
  • Le PACS et le concubinage n’ouvrent aucun droit à pension de réversion.

Si la personne décédée a eu plusieurs mariages, la pension de réversion est partagée entre les ex-conjoints (et le conjoint survivant) au prorata de la durée de chaque mariage.

Condition d’âge : l’âge minimum pour y avoir droit

Pour les décès relevant du régime général, l’âge minimum pour demander la pension de réversion est en principe de 55 ans.

Dans certains autres régimes (fonction publique par exemple), il n’y a pas forcément de condition d’âge, mais les conditions de mariage sont en général plus strictes (durée minimale de mariage, enfant issu du mariage, etc.).

Condition de ressources : les plafonds 2025

C’est le point qui a le plus bougé en 2025 pour le régime général. Depuis le 1er janvier 2025, il existe des plafonds de ressources annuels, pension de réversion comprise :

  • Personne vivant seule : 24 710,40 € bruts par an
  • Personne vivant en couple : 39 536,64 € bruts par an

Ce que l’on prend en compte dans ces ressources :

  • Salaires, revenus d’activité indépendante
  • Indemnités de chômage ou d’arrêt de travail
  • Autres retraites (de base et complémentaires)
  • Revenus immobiliers (hors résidence principale) et certains revenus du patrimoine

Si la somme [vos ressources + la pension de réversion] dépasse le plafond, la réversion est réduite pour que le total revienne juste au niveau du plafond.

Exemple simplifié :
– Vous vivez seule et vos autres revenus annuels sont de 20 000 €.
– Le plafond 2025 est de 24 710,40 €.
– L’espace disponible pour la réversion est donc de 24 710,40 – 20 000 = 4 710,40 €.
– Si le calcul « théorique » de la pension de réversion donne 6 000 € par an, elle sera réduite à 4 710,40 €.

Pour calculer 24 710,40 – 20 000, on enlève d’abord 20 000 pour obtenir 4 710,40, ce qui donne la marge restante.

READ  Stent et espérance de vie : ce qu’on peut attendre, ce qu’on peut améliorer

Cas particuliers : veuvage précoce, carrière incomplète du défunt

Deux situations reviennent souvent :

  • Carrière courte du défunt : si la personne n’a pas validé au moins 60 trimestres (15 ans) au régime général, le minimum de pension est ajusté au prorata (voir plus loin).
  • Veuvage précoce : si le décès intervient alors que la personne n’était pas encore retraitée, la réversion est calculée sur la retraite qu’elle aurait perçue au moment de sa retraite, ce qui peut rendre le calcul moins intuitif.

Montant de la pension de réversion : comment se fait le calcul ?

Même si chaque dossier est unique, il y a quelques repères simples à connaître.

Le pourcentage appliqué à la retraite du défunt

Pour le régime général :

  • La pension de réversion = 54 % de la retraite de base (hors majorations) que percevait ou aurait pu percevoir le défunt.

Pour les principaux autres régimes :

  • Agirc-Arrco (complémentaire salariés) : 60 % des droits du défunt.
  • Fonction publique : 50 % de la retraite que percevait ou aurait pu percevoir le fonctionnaire.

Ces pourcentages s’appliquent avant les éventuels plafonds et conditions de ressources.

Minimum, maximum et majorations possibles

Pour le régime général, en 2025 :

  • Minimum :
  • 3 983,29 € par an (soit 331,94 € par mois) si le défunt avait au moins 60 trimestres (15 ans) au régime général.
  • En-dessous de 60 trimestres, ce minimum est réduit proportionnellement à la durée de cotisation.
  • Maximum :
  • La pension de réversion (avant réduction pour ressources) ne peut pas dépasser environ 1 111,96 € par mois (13 343,62 € par an).

Des majorations sont possibles, notamment :

  • Une majoration de 11,1 % si vous avez atteint l’âge du taux plein (actuellement 67 ans), que vous avez liquidé toutes vos retraites et que vos ressources restent sous un certain plafond.
  • Des majorations liées au nombre d’enfants élevés ou encore à la présence d’enfants à charge dans certains régimes.

Quelques exemples chiffrés simples

  1. Cas 1 – Régime général, carrière complète, ressources modestes
  • Retraite de base du défunt : 1 200 € par mois.
  • 54 % de 1 200 € = (1 200 × 54) / 100 = (1 200 × 50) / 100 + (1 200 × 4) / 100
    = 60 000 / 100 + 4 800 / 100 = 600 + 48 = 648 € par mois.
  • Si vos ressources + ces 648 € restent sous le plafond, vous percevez ces 648 €.
  1. Cas 2 – Retraite de base modeste, minimum de réversion
  • Retraite de base du défunt : 500 € par mois.
  • 54 % de 500 € = (500 × 54) / 100 = 27 000 / 100 = 270 € par mois.
  • Si la carrière est complète (≥ 60 trimestres), le minimum de 331,94 € s’applique, donc vous auriez 331,94 € et non 270 €, sous réserve des plafonds de ressources.
  1. Cas 3 – Pension réduite pour cause de dépassement de plafond
  • Ressources personnelles : 23 000 € par an.
  • Plafond 2025 (personne seule) : 24 710,40 €.
  • La réversion théorique calculée sur la retraite du défunt : 3 000 € par an.
  • Total théorique : 23 000 + 3 000 = 26 000 €, ce qui dépasse le plafond.
  • Dépassement : 26 000 – 24 710,40 = 1 289,60 €.
  • La pension de réversion sera donc réduite d’autant : 3 000 – 1 289,60 = 1 710,40 € par an.

Demander sa pension de réversion : démarches pas à pas

L’un des pièges fréquents, c’est d’attendre « qu’on vous écrive ». En réalité, c’est à vous de faire la démarche.

Quand déposer sa demande ?

Vous pouvez déposer votre demande dès le décès, ou plus tard. La prise d’effet se fait souvent :

  • Au premier jour du mois suivant le décès ou la demande, selon les régimes.
READ  Habitudes pour réduire vos gamma-GT et protéger votre foie

Ne pas trop tarder reste préférable, car les arriérés sont limités dans le temps : selon les caisses, on peut remonter quelques mois ou années en arrière, mais pas indéfiniment.

Où et comment faire la demande ?

Pour le régime général, il existe un formulaire unique de demande de pension de réversion adressé à l’Assurance retraite, qui le transmet aux différents régimes de base concernés si besoin. Pour les complémentaires (Agirc-Arrco, caisses libérales, etc.) et la fonction publique, les demandes se font auprès de chaque caisse ou service de retraite.

En pratique :

  • Si le défunt avait plusieurs régimes (salarié + indépendant + fonctionnaire par exemple), vous pouvez avoir plusieurs pensions de réversion, chacune avec ses propres règles.
  • La plupart des caisses proposent aujourd’hui des démarches en ligne, mais il reste possible de passer par un dossier papier.

Les principaux justificatifs à préparer

Les pièces les plus souvent demandées :

  • Acte de décès du conjoint ou ex-conjoint
  • Livret de famille ou actes d’état civil (acte de naissance, acte de mariage, jugement de divorce)
  • Justificatifs de ressources (bulletins de salaire, relevés de pension, avis d’imposition, éventuellement relevés de placements…)
  • Coordonnées bancaires (RIB)

Préparer un dossier bien complet dès le départ limite les allers-retours et accélère la mise en paiement.


Pension de réversion et vie quotidienne : santé, mutuelle, budget

Sur un site de pharmacie, impossible de faire l’impasse sur l’impact concret sur la santé et les soins. Quand les revenus baissent, la question qui revient souvent au comptoir, c’est : « Est-ce que je vais devoir renoncer à certains traitements ? »

Ajuster son budget après un décès

La pension de réversion permet de compenser une partie de la perte de revenus, mais il reste souvent une baisse globale. Quelques pistes :

  • Faire le point sur tous les abonnements et contrats (téléphone, assurance, mutuelle, abonnements divers) et résilier ceux qui ne sont plus utiles.
  • Vérifier si certains frais (loyer, crédit, charges) peuvent être renégociés.
  • Établir un budget santé réaliste (médicaments non remboursés, dispositifs médicaux, consultations non prises en charge).

Que faire de la complémentaire santé et des contrats en cours ?

Deux réflexes utiles :

  1. Mutuelle d’entreprise du défunt : dans certains cas, le conjoint survivant peut bénéficier d’un maintien temporaire de la couverture, parfois payant. Il faut contacter rapidement l’organisme pour connaître vos droits.
  2. Mutuelle personnelle : si la baisse de revenus est importante, vérifier si le contrat est toujours adapté (niveau de garanties, coût). Une formule un peu moins chère mais bien choisie permet parfois de garder l’essentiel des remboursements.

En tant que pharmacienne, je vois trop souvent des patients qui arrêtent des traitements non par choix médical, mais par soucis financiers. Parler de budget avec votre entourage, votre banquier ou un conseiller retraite fait aussi partie de la prise en charge globale.

Se faire accompagner sans se perdre dans les démarches

Plusieurs professionnels peuvent vous aider :

  • Les services sociaux de votre mairie ou de votre caisse de retraite pour un premier bilan.
  • Un conseiller retraite ou un avocat spécialisé pour les situations complexes (plusieurs mariages, patrimoine important, succession délicate).

L’objectif n’est pas de tout faire seul alors que vous traversez déjà une période émotionnellement lourde.


Situations particulières : divorce, remariage, PACS, concubinage

Les règles deviennent plus subtiles dès qu’il y a plusieurs unions au cours d’une vie.

Comment est partagée la pension entre ex-conjoints ?

En cas de plusieurs mariages successifs :

  • Chaque conjoint ou ex-conjoint non remarié peut prétendre à une part de la pension de réversion.
  • La répartition se fait au prorata de la durée de chaque mariage (par exemple, 10 ans de mariage sur 30 donnent droit à un tiers de la réversion du régime concerné).

Les conditions de ressources s’apprécient individuellement : chaque ex-conjoint doit faire sa propre demande avec ses propres justificatifs.

Effets d’un remariage ou d’une nouvelle union

Selon les régimes, un remariage peut :

  • Soit faire perdre le droit à la pension de réversion (cas fréquent dans certains régimes complémentaires).
  • Soit ne pas l’annuler, mais modifier les conditions de ressources, car on considère alors les revenus du nouveau couple.
READ  Curcuma frais : vertus, usages et secrets d’une épice vivante

Le PACS ou la vie en concubinage ne donne pas droit à la réversion, mais peut être pris en compte pour le calcul des ressources (personne vivant en couple).

PACS, concubinage : pourquoi il n’y a pas de droit à réversion

Le système de réversion s’appuie sur le mariage comme preuve d’un engagement juridique et patrimonial durable. Les législateurs n’ont pas étendu ce droit au PACS ni au concubinage, même si ces unions sont reconnues par ailleurs.

C’est un point important à avoir en tête quand on organise sa vie de couple et sa protection financière à long terme.


Erreurs fréquentes à éviter sur la pension de réversion

Quelques pièges que je vois régulièrement remonter dans les discussions avec les patients ou leurs proches :

  • Penser que tout est automatique : sans demande, il n’y a en général pas de versement.
  • Sous-estimer l’effet des ressources : un petit job, une pension complémentaire ou des revenus locatifs peuvent suffire à réduire fortement la réversion.
  • Oublier un régime : quelqu’un qui a été salarié, puis indépendant, puis fonctionnaire peut ouvrir des droits dans plusieurs régimes, et donc à plusieurs pensions de réversion.
  • Ne pas signaler une évolution de situation (remariage, augmentation importante des revenus) : les caisses peuvent effectuer des contrôles et demander un remboursement en cas de trop-perçu.
  • Se fier à des rumeurs ou à des “on m’a dit” : alors que les règles évoluent (des pistes de réforme importantes sont d’ailleurs discutées pour les années à venir).

En cas de doute, mieux vaut vérifier auprès de la caisse de retraite ou d’un professionnel que de prendre une décision qui impactera vos revenus pendant des années.


FAQ

Qui peut toucher une pension de réversion en 2025 ?

En résumé, peuvent prétendre à une pension de réversion les conjoints ou ex-conjoints mariés d’une personne décédée, s’ils remplissent les conditions d’âge et, pour le régime général, de ressources. Il faut donc vérifier trois points : avoir été marié (PACS et concubinage exclus), avoir l’âge requis (souvent 55 ans au régime général) et respecter les plafonds de revenus fixés pour 2025.

Quel est le montant maximum d’une pension de réversion du régime général ?

Pour le régime général, la pension de réversion ne peut pas dépasser environ 1 111,96 € par mois en 2025, soit 13 343,62 € par an, avant éventuelle réduction en fonction de vos ressources. Le minimum, lui, est de 331,94 € par mois si la personne décédée justifiait d’au moins 60 trimestres de cotisation.

Peut-on cumuler pension de réversion et revenus d’activité ?

Oui, il est possible de cumuler pension de réversion et revenus d’activité (salaires, travail indépendant…). Mais pour le régime général, l’ensemble de ces revenus est pris en compte pour vérifier que vous restez bien sous les plafonds de ressources (24 710,40 € par an si vous vivez seul, 39 536,64 € si vous vivez en couple en 2025). Les revenus d’activité ne sont toutefois retenus qu’à 70 % dans ce calcul, ce qui permet de continuer à travailler tout en conservant une partie de la réversion.

Le PACS donne-t-il droit à une pension de réversion ?

Non. Aujourd’hui, seule la qualité de conjoint marié ouvre droit à la pension de réversion dans la plupart des régimes, pas le PACS ni le concubinage. En revanche, si vous vivez en couple (marié, pacsé ou concubin), vos ressources et celles de votre partenaire peuvent être prises en compte ensemble pour apprécier les plafonds du régime général.

Que se passe-t-il si mes ressources augmentent après l’attribution ?

Les caisses de retraite peuvent réviser la pension de réversion si vos ressources augmentent de manière durable : reprise d’activité, nouvelle pension, revenus locatifs, remariage… Le montant peut alors être réduit, voire supprimé si vous dépassez largement les plafonds. À l’inverse, si vos revenus baissent, vous pouvez demander une révision à la hausse. D’où l’importance de signaler toute évolution significative de votre situation.

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *